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Vous l’avez peut-être suivi si vous êtes un peu attentifs aux jeux vidéo, Assassin’s Creed: Unity est sorti cette semaine. Comme chaque année en fait. A la même date. Et après avoir exploré le continent américain dans les deux derniers opus, Ubisoft Montréal s’est décidé à revenir en Europe, à Paris précisément, pour faire vivre la Révolution de 1789. Un sacré challenge pour une entreprise française qui avait à coeur de revenir à des fondamentaux de la série: la ville au centre du jeu. Alors, paris réussi?…

Je n’entrerai pas dans la polémique du NDA ni de l’optimisation foireuse sur PC, cela semble desservir le jeu alors que ce sont des éléments externes. Même si l’optimisation PC empêche les joueurs de jouer. A Fellowsheep, nous recevons généralement les exemplaires consoles, il est donc difficile de vous fournir un test sur cette plateforme. Pour plus d’information, je vous conseille l’article de PC Gamer.

Bien, cela étant dit, entrons dans cet ACU. La révolution française est une période charnière de l’histoire moderne. Elle a déclenché l’entrée dans une nouvelle ère, elle en a terminé avec les monarchies et à plus d’un égard, elle est un des événements majeurs de l’histoire. Traiter cette période est donc passionnant et si vous êtes historiens, je ne peux que vous conseiller d’explorer Unity. C’est une mine d’informations, de synthèse et une incroyable exploration fictive de notre passé.

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Paris au centre du monde

Paris est modélisé de manière assez précise. 20km2 à l’échelle 1:1 sont disponibles, autant dire un vaste espace de jeu. C’est une des forces de cet opus, Paris. Pénétrer dans cette ville, reconnaître les quartiers ou les bâtiments procure un sentiment particulier à ceux qui connaissent cette ville. L’ambiance, la foule, les activités des PNJ’s, tout a été fait pour immerger le joueur au plus profond de Paris. Cette dernière est un véritable personnage, à tel point qu’elle éclipse Arno, le protagoniste principal. Arno a des motivations tellement peu intéressantes et si souvent vues qu’on ne s’attache pas à sa personnalité, comme il avait été possible de le faire pour Ezio par exemple. D’ailleurs, aujourd’hui, on ne parle que de la représentation de la ville de Paris plutôt que du héros, Arno. Un signe qu’il y a un problème…

Une histoire qui s’en va à vau-l’eau

… de scénario. Inintéressant est peut-être le mot. Sans être méchant, ce n’est pas qu’on s’ennuie, c’est qu’on ne sait jamais où Ubisoft a décidé de nous emmener. Avec une double narration qui s’enchevêtre et qui se noie dans un propos de moins en moins prenant, l’intérêt d’un AC n’est plus dans son histoire. L’Animus, renommé Hélix, allez savoir pourquoi, a changé. Il n’y a plus de personnage comme Desmond (déjà dans le IV) et les motivations des Assassins modernes sont tout autant détestables que celles des Templiers. D’ailleurs, tout se mélange mais cette-fois dans l’histoire d’Arno puisque ce dernier doit venger la mort d’un Templier mais respecté des Assassins alors même qu’il est amoureux de sa fille. Tout est très confus avec des aller-retours temporels inutiles. C’en est énervant.

Le second problème de la narration est que le jeu calcule constamment le niveau de notre personnage. Résultat, il indique à chaque mission qu’elle est trop dure vu le niveau bas d’Arno. Il faudrait donc s’occuper avec des dizaines de missions annexes pour trouver du matériel et gagner en puissance. Heureusement, il est quand même possible d’effectuer les missions principales mais ces avertissements cassent le peu d’intérêt du scénario et mettent en lumière un problème de progression. Dès la troisième mission, le jeu indiquait que mon niveau était trop faible. Obliger d’une certaine manière le joueur à devoir effectuer les missions annexes, qui sont plus intéressantes que la trame principale, montre qu’il y a un problème narratif.

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Un gameplay vieillot mais toujours solide

Enquêtes, escortes, vols, assassinats stratégiques etc. Les missions annexes proposent un panel varié d’activités. Elles poussent le joueur à explorer Paris, à s’imprégner des rues, le moteur graphique offrant un rendu assez impressionnant. Au fond, cet Assassin’s Creed est bon dès qu’il oublie qu’il est un Assassin’s Creed pour se concentrer sur Paris. Avec de nombreuses entrées historiques, il est agréable de prendre son temps devant les bâtiments, de lire les descriptifs et d’observer la ville s’animer tout autour. Et puis Arno est enfin capable de monter et descendre les bâtiments de manière fluide. Cette petite touche ajustée au gameplay rend l’expérience d’AC quasiment parfaite. On ne bloque plus sur un étal, on ne monte plus sur la première barricade venue, tout est plus fluide et naturel. Il est ainsi agréable de passer d’environnements extérieurs à ceux en intérieur et ce sans chargement. Les maisons sont pour le coup extrêmement bien modélisées et travaillées. Très impressionnant.

Quant au gameplay pur, Unity a pris l’option d’accentuer le côté infiltration. Plusieurs chemins possibles permettent d’effectuer les missions et l’arsenal d’Arno est assez vaste pour varier les plaisirs en tentant des approches différentes. Les combats sont plus durs aussi. Chaque ennemi possède une barre de vie et un niveau de compétence. Plus son niveau est élevé, plus il est difficile de le battre. Faisable, mais difficile. Si en plus d’un ennemi assez fort, il y a deux ou trois autres gardes qui attaquent, l’espérance de vie d’Arno chute de moitié. Il est donc préférable d’éviter les combats et favoriser l’infiltration. Et en cas de problème, il est suffit d’appeler les petits copains pour la sauterie. ACU propose ainsi un mode coop allant jusqu’à 4 joueurs. Il est toujours possible d’explorer la ville, même en coop, le terrain de jeu reste inchangé et les missions sont scénarisées, ce qui amène un plus pour l’immersion. Ce nouveau mode est autant bon que les missions annexes alors qu’on en attendait pas grand chose.

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Assassin’s Creed Unity est un bon jeu mais souffre de beaucoup de défauts. Les mécaniques sont vieillottes (AC1 sorti en 2007), la promesse de vivre la Révolution n’est de loin pas tenue, la carte est illisible et le scénario est inintéressant. Ajouté à cela quelques bugs qui font le tour du net actuellement et il y a de quoi avoir peur. Mais ACU offre une autre expérience, plus poétique. Soutenue par une bande son très bonne, l’exploration, la simple balade dans les ruelles parisiennes, la découverte des quartiers et des bâtiments, tous ces éléments offrent ainsi une expérience assez exceptionnelle. Graphiquement très impressionnant, les environnements sont sublimes, les PNJ’s vaquent à leurs occupations et rendent Paris vivant. Si vous cherchez un AC qui revient aux fondamentaux, ACU est un bon jeu. Dans le cas où c’est l’histoire qui vous passionne, allez-y sans trop d’attente et profitez plutôt du paysage. 

Editeur: Ubisoft
Studio: Ubisoft Montréal
Testé sur PS4.