Je suis content aujourd’hui, content parce que j’écris un article relativement rare, celui concernant un jeu vidéo suisse romand. Développé par le studio RTFM Corp composé de trois valaisans émigrés à Fribourg, Asylamba: Influence est un jeu de stratégie incluant des éléments de puzzle-game dans un contexte de conquêtes spatiales. Un projet qui réussit à allier efficacité et gameplay simple et facile d’accès.

“Des nerfs d’acier, naquit l’équilibre”… C’est avec cette phrase que le tutoriel démarre et des nerfs d’acier, il va parfois en falloir. Asylamba: Influence propose un jeu basé sur la gestion de ressources postulés sous l’égide de quatre attributs: le savoir, la foi, la culture et la richesse. Ces quatre éléments vont être personnifiés par quatre types d’émissaires: des érudits, des prêtres, des artistes et des négociants, le tout étant associés aux attributs correspondants. On est ainsi en face d’un système dynamique qui verra chaque décision prendre en compte les choix passés et poussant le joueur à réfléchir à plus d’un tour. De base, le joueur dispose d’une capitale représentée par un rond d’une certaine couleur. Le but consiste à conquérir les autres systèmes grâce à vos ressources et à vos émissaires. Chaque système voisin dispose de plus ou moins de points dans chacun des attributs, plus l’attribut est fort, plus il sera difficile pour votre émissaire d’influencer le système. Conquérir un système reste relativement simple puisqu’il suffit d’atteindre les 50% d’influence pour le voir rejoindre les rangs de votre nouvel empire. Il suffit, pour cela, d’envoyer les bons émissaires aux bons systèmes. Par exemple, un système voisin disposant d’une valeur faible en culture sera rapidement influencé par un émissaire artiste. Inversement, envoyer un prêtre sur un système ayant une valeur élevée en foi n’aura qu’un faible impact.

Evidemment, d’autres nations vont tenter de s’en prendre à vos systèmes. En difficulté novice, l’obstacle sera extrêmement facile à surmonter mais en poussant la difficulté, il faudra faire preuve de roublardise allant jusqu’à accepter la perte de certains systèmes pour mieux en conquérir d’autres et influencer des systèmes centraux. Il existe pour cela différentes possibilités nécessitant d’autres types de ressources symbolisés par des bâtiments, de l’argent et des points d’influence qui libèrent des sortes de pouvoirs. Les bâtiments sont liés aux attributs, eux-mêmes liés aux émissaires. On retrouve donc une manufacture, un monolithe, une citadelle et un astroport. Ces bâtiments vont augmenter le nombre d’émissaires disponibles, sachant qu’il n’est possible d’en envoyer que trois sur chaque système. A vous de bien les répartir. Il existe un autre type de bâtiments ayant d’autres fonctions. Chaque système peut développer un Dôme (plus d’influence), un Consulat (plus de prestige), une Bourse pour les sousous, une Crypte qui empêche un système ennemi d’utiliser son pouvoir sur vous, une Antenne qui permet de baisser la puissance des émissaires adverses sur ce système ainsi qu’un Observatoire pour doubler la visibilité. Il est ainsi conseillé de gérer au mieux l’emplacement de vos bâtiments. Typiquement, placer une Bourse sur un nouveau système conquis à la frontière de l’empire ennemi n’est pas conseillé. A l’inverse, bloquer toutes possibilités de conquêtes ennemies peut vous avantager fortement pour la suite des opérations. Chaque décision est ainsi calculable sans devenir non plus trop complexe à comprendre, faisant d’Asylamba: Influence un excellent jeu de stratégie qui n’impose pas au joueur de connaître des centaines de combinaisons afin de s’en sortir.

Face à une composition graphique minimaliste, on pourrait rapidement être rebuté par Asylamba. Or, il s’agit là d’une de ses plus grandes forces. Autant minimaliste qu’il y paraît, le jeu développé par RTFM Corp n’en reste pas moins riche et dispose d’une excellente approche. Vendu 6 dollars, il s’inscrit parfaitement dans la catégorie des excellents jeux indépendants. On y jouera certes pas des dizaines d’heures de suite, mais une petite partie de temps en temps reste toujours intéressante. Avec un tel produit, il serait également intéressant pour les développeurs d’imaginer une version mobile adaptée au tactile tant le game design s’y prêterait merveilleusement bien. Dans tous les cas, Asylamba: Influence rend une copie léchée et agréable, capable d’être suffisamment développé pour captiver l’intérêt durant plusieurs parties.