Annoncé en fin d’année dernière avec LE teaser du siècle, Far Cry Primal est déjà sorti. La licence Far Cry prend une tournure historique cette fois en plongeant l’action il y a plus de 12’000 ans. Un retour en arrière pour le FPS d’Ubisoft qui nous avait habitué à chasser des belettes à coup de C4 et à se déplacer en wingsuit entre deux montagnes népalaises.

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Il y a un peu plus de 12’000 ans vivaient des hommes et des femmes qui parcouraient des plaines sauvages, des étendues d’herbe et des forêts remplies de loups et d’ours… et d’autres individus mal intentionnés (déjà à cette époque). Le pays d’Oros, vallée verdoyante et fertile, fait office d’enclave luxuriante qui gagne du terrain sur une fonte des neiges anticipée par les spécialistes du réchauffement climatique. Ces derniers ont décidé de quitter les terres du nord toujours enneigées pour venir se dorer la pilule au soleil. Un exode fatal qui marque la première crise d’immigration massive. La tribu des Udam débarque en effet sur la terre des Wenja en ayant décidé que l’intégration se ferait à coup de masse et de flèches dans l’oeil. Un choc des civilisations qui va se régler par la violence, la conquête et la destruction.

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Far Cry Primal part du principe que vous aimez la chasse et les animaux et surtout chasser les animaux (oui, deux choses différentes). Le terrain de jeu en est rempli et le dépeçage prend une dimension essentielle dans cet opus. Si Far Cry 3 et 4 poussaient le joueur à chasser en début de partie, à partir d’un moment le niveau d’équipement atteint permettait d’affronter n’importe quelle situation, avec un peu d’explosif et d’imagination. Dans Far Cry Primal, la technologie n’évolue pas: il faudra se contenter d’un gourdin, d’une lance et d’un arc. Difficile donc de foncer dans le tas en faisant tout exploser ou de s’occuper au lance roquette d’un ours qui barre la route. Dans Primal, il va falloir être un poil (vous l’avez?) plus fin et tactique. La discrétion prime (vous l’avez?) sur l’action et la gestion des armes est indispensable. On se baisse, on patiente et on attaque au bon moment en essayant de ne pas se faire repérer. Un principe qui a fait ses preuves mais qui reste tout de même très brouillon. On se fait rapidement repérer par les ennemis qui n’hésitent pas à nous foncer dessus à coup de massue, entraînant forcément des situations cocasses où le combo “reculer – tirer une flèche – courir – tirer une flèche etc..” prend tout son sens.

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Pour aider le joueur dans sa quête de gloire (parce qu’il n’y a pas d’argent encore), il peut compter sur le soutien de certains animaux capables d’être domptés (17 au total). La chouette peut ainsi survoler le terrain de jeu et marquer les ennemis tandis que le loup fait office de garde rapproché et attaque sur ordre direct, etc. Un atout de luxe face à des ennemis souvent bien plus nombreux que le joueur. Sinon, la formule Far Cry est reprise à l’identique et adaptée au contexte. Plus de seringue de soin, il suffit de croquer à pleines dents dans de la viande fraîche et sûrement pas traitée aux antibiotiques. Le village qui sert de HUB central permet de développer et d’améliorer des compétences en échange de ressources glanées au gré des pérégrinations.

Côté scénario, on est loin de vivre une révolution: la chasse et la survie sont les éléments clés de cette histoire. Et n’oublions pas qu’il s’agit d’un Far Cry, une licence pas forcément connue pour développer des histoires extraordinaires. Mais ce Far Cry Primal se laisse gentiment découvrir et offre des panoramas à couper le souffle, quelques rebondissements et un voyage dans le temps dépaysant. On entre finalement avec plaisir dans cette période et on se laisse porter par les quelques rencontres et missions. Far Cry Primal se positionne comme un excellent open world capable de vous dépayser en quelques instants, ce qu’Ubisoft a très bien su faire depuis le troisième opus.

Reprenant ce qui avait le succès de ses prédécesseurs, Far Cry Primal joue la carte du nouveau uniquement sur la forme: à travers une carte originale et un retour à la préhistoire. Du côté des mécaniques, on regrettera sans doute de voir que la formule n’a pas véritablement été retravaillée. Tout est identique à Far Cry 3 et 4 (eux-mêmes se confondant totalement). Mais l’efficacité du gameplay associé à certaines mécaniques de chasses offrent des moments sympathiques. Traverser le pays d’Oros à la recherche des Wenja perdus, combattre les Udam au corps à corps et tenter de survivre face à de nombreux dangers ont de quoi, tout simplement, faire voyager l’esprit. Ubisoft signe un titre de qualité.