Il y a un certain masochisme chez les joueurs. Depuis plusieurs années, le jeu vidéo s’est pour ainsi dire ankylosé. On y met des barrières pour ne pas que le fait même de s’amuser doive être traversé par une difficulté. Quand la personne derrière son écran s’éclate, cela ne signifie pas qu’elle ait à réfléchir ou pire encore… recommencer. Le flux continu de l’histoire ne doit plus être interrompu, on va d’un point A à un point B et tout le monde est content. Tout le monde ? Pas vraiment.

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Fenix Rage s’inscrit complètement dans cette nouvelle variable du jeu vidéo qui va à contre-courant des jeux AAA. Celle où on se fait mal, celle où les nerfs, les doigts, la concentration, l’apprentissage sont mis à rude épreuve. A l’instar d’un Super Meat Boy, les niveaux sont des tableaux qu’il faut finir un à un pour finalement affronter un boss et passer au monde suivant. A chaque fois, votre petit personnage se trouve confronter à des obstacles qu’il devra surmonter grâce à votre maîtrise légendaire. Au début, on comprend que ce n’est pas compliqué, on bouge avec le stick (gauche et droite), on saute avec un bouton et on Dash avec un autre. Le saut peut être annulé avec le Dash et vice-versa. La jouabilité est excellente et la précision est digne de l’exigence demandée par le jeu.

Quand il y a un ennemi à enjamber à la fois ça va, au moment de slalomer entre une vingtaine d’entre eux c’est plus compliqué. Si vous êtes comme moi, une pause clope sera mise à l’agenda toutes les heures et passera carrément à 10 minutes plus les niveaux avanceront. Sur le boss du quatrième niveau, je suis mort 476 fois. Voilà. A chaque fois on reprend du début pour aller au bout. Malgré toute la haine qui surgit de votre for intérieur, il y a une satisfaction à réussir qui est impressionnante.

Prenons une comparaison simple. Pour les plus vieux qui se souviennent de Tomb Raider, rappelez-vous le premier niveau du premier opus quand vous vous étiez enfin débarrassés des loups dans la grotte et étiez descendu la grande falaise. Combien de fois vous êtes-vous faits dévorer par le T-Rex ? Eh oui, on est tous passés par là. Dans le dernier volet signé Square Enix, les seules fois où je suis mort ont été les foirages de QTE. Merci la nouvelle génération.

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Bref Fenix Rage ne réinvente pas le style. C’est un jeu de plate-forme assez simpliste qui tourne au casse-tête quand les bouboules vertes sautillent de partout, deux boutons et en avant la musique ! L’histoire n’est pas très compliquée et à la limite ne sert pas vraiment le gameplay, donc on s’en tape une sans faire vibrer l’autre. Le petit problème à ce niveau-là est que le mode graphique, sans parole, rappelle trop son illustre prédécesseur Super Meat Boy de chez Team Meat. Les gars de Green Larva Studio ont voulu rendre hommage ou sont tombés dans le panneau du manque d’originalité. Vu la sympathie que j’ai pour le titre je vais plutôt opter pour le clin d’œil. Il y a d’autres éléments comme les fameuses warp zones, les collectibles ou les étoiles pour les bons temps qui rappellent le A+ de SMB. Mais on passe aisément outre par bonheur d’avoir un aussi bon soft entre les mains.

Quoiqu’il en soit. Fenix Rage est destiné aux joueurs qui n’ont pas peur de lancer leur manette contre le mur. Ah oui ! J’y pense maintenant, le jeu est disponible que sur PC pour l’instant, mais armez-vous d’une manette, au clavier vous finirez avec des crampes après trente minutes de jeu. De l’acharnement, une bonne dose d’envie et surtout n’espérez pas une QTE. De toute manière si vous attendiez une QTE vous n’êtes pas mon copain. Na !