Alors que Platinum semble être sur tous les front et développe jusqu’à 4 titres à la fois, Scalebound semble être le seul à mériter l’appellation AAA. Cet Action-RPG mettant en scène des dragons promet beaucoup, mais il n’est pas encore clair s’il sera à la hauteur des meilleurs titres du studio.

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Il est facile d’affirmer que le studio japonais a produit les meilleurs titres d’action de ces dernières années (Vanquish, Metal Gear Rising et Bayonetta 2), mais depuis qu’il entreprend de plus petits projets pour Activision, il est difficile de dire si son mojo est perdu. Des quatre derniers titres produits par la boite, seul Transformers a su impressionner ses fans, un faible ratio pour ces développeurs pourtant si talentueux.

Scalebound ne semble pas avoir un cycle de développement des plus propres non-plus, déjà repoussé plus tôt cette année il se présente pour la deuxième année d’affilée à la Gamescom sans proposer des séances manettes en main. C’est donc déçu que j’ai assisté à l’introduction du producteur à deux courtes videos du jeu sous le regard pesant de Hideki Kamiya qui, j’en suis convaincu, malgré sa traductrice, comprend et parle l’anglais.

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La première video montrait l’évolution que peuvent subir les dragons, une originalité plaisante aux yeux, mais qui au final semble manquer de profondeur. Le jeu commence avec un dragon équilibré entre agilité et résistance et qui, au prix de gemmes, peut se focaliser sur une des deux branches pour ainsi devenir une wyverne, un dragon qui attaque ses adversaires depuis les airs ou un tank qui aura plus tendance à rester au sol et encaisser les dégâts. La vidéo était un timelapse d’une métamorphose de wyverne en tank capable de faire naître un fan de lézards géants en chacun de nous. Ces dragons ont du style, il faut le dire. Même si cette évolution est représentée sur un cercle où l’on suit le pourtour, il s’agit dans les faits uniquement d’un arbre d’évolution à deux branches, ce qui paraît un peu simpliste pour un RPG.

La customisation ne s’arrête heureusement pas là. Chaque partie du dragon (ailes, queue, tête, pattes, buste) peut être échangée pour une autre (que l’on trouverait à priori par terre?) en pure mode pimp my dragon. Même si ce n’est pas très sensé, le résultat visuel est suffisant pour nous faire oublier ce détail. Tous ceci s’ajoute à ce que l’on avait déjà vu l’année passée sur l’équipement des dragons. Au final, grâce à l’association de tous ces éléments, peut-être que l’objectif des développeurs de « créer son dragon parfait » sur le cours de l’aventure sera atteint pour le joueur.

Le producteur de Platinum a ensuite souhaité nous introduire une nouvelle mécanique, le « dragon-link ». Cette habileté permet au joueur qui est habituellement dans la peau d’un protagoniste insipide de se projeter dans son dragon et d’en prendre le contrôle. Quand le joueur contrôle le dragon, de nouvelles actions sont rendues disponibles et les dégâts infligés sont multipliés; la subtilité est que le corps immobilisé du protagoniste reste sur le terrain de jeu et est donc extrêmement vulnérable. La deuxième video était donc une séquence de gameplay contre un adversaire de taille équivalente aux dragons. Nous avons pu voir le joueur habilement jongler entre le contrôle du dragon et du protagoniste, écrasant l’adversaire au sol à chaque fois qu’il tentait de se relever. La séquence entière ressemblait plus à un jeu d’action typique et pas à un RPG, de quoi contenter les fans de Platinum déçus par la lenteur des précédentes présentations.

Platinum Games s’est spécialisé dans les jeux qui résonnent avec mon ado intérieur; je ne peux m’empêcher de me réjouir face à ces dragons au look sérieusement cool, comme je n’ai jamais pu résister aux glissades au ralenti sur les genoux. Le design est clairement réussi, maintenant il reste à voir si le gameplay sera aussi léché que celui de Vanquish. Les idées semblent bonnes, mais on ne sait pas encore comment elle s’allient pour former un tout cohérent.