Après près de 10 ans de développement et 7 ans d’attente, nous avons enfin pu explorer The Last Guardian. Ce sont les 40 premières minutes du jeu, manette en main, que Sony nous a laissé découvrir. Voici nos quelques moments d’enchantement et les raisons de notre déception.

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Cette preview contiendra de légers spoilers sur le début du jeu.

On l’a bien vu lors du trailer de L’E3 de cette année, malgré le passage de la PS3 à la PS4, les graphismes de The Last Guardian sont restés plus ou moins inchangés. Pour un jeu basé en grande partie sur la découverte et l’exploration, on ne peut s’empêcher de penser que cela enlève quelque chose à l’expérience, la découverte de nouveaux environnements mystérieux n’arrivant peu ou pas à reproduire l’émerveillement des précédents jeux du studio. Heureusement, la cinématographie, la bande son et surtout les animations de Trico (la grosse bête-oiseau) rattrapent le coup et les moments impressionnants se passent donc à plus petite échelle, notamment quand on interagit avec son massif compagnon. Il n’y a pas eu de nouveau trailer lors de cette Gamescom  mais le dernier en date illustre bien ces forces et faiblesses:

Alors que beaucoup de studio de jeux essaient de nous montrer plutôt que nous expliquer, le studio derrière The Last Guardian nous fait ressentir plutôt que nous montrer. Par exemple, au début de la démo, Trico est au sol, dans une grotte, enchaîné et blessé. A ce niveau, il n’y a pas de relation entre le personnage jouable et la bête qui est présentée comme dangereuse. Et pourtant, le sentiment d’empathie que m’a insufflé la détresse et l’impuissance de Trico m’a forcé à l’aider avant même d’explorer le reste de la caverne. Cette prouesse est en grande partie due au travail minutieux de animateurs qui on su rendre cet animal géant crédible, comme s’il était une simple reproduction d’un animal déjà existant. Une multitude de touches intelligentes ajoutent encore à cette effet; celle qui m’a le plus marqué est dans les mouvements de Trico, qui ne se rend clairement pas compte de sa force et passe à deux doigts de nous projeter à travers la grotte quand il se secoue nonchalamment pendant que l’on essaie de grimper sur sa tête.

La taille n’a jamais été aussi bien représentée que dans ce jeu. Même si Trico est relativement petit par rapport aux monstres que nous avons l’habitude de voir, sa stature impressionne. C’est son interaction avec le monde qui met en évidence sa taille. Le sol tremble sur son passage, il a du mal à attraper des petites choses et il enjambe des murs énormes sans penser qu’on ne sera pas capable de le suivre. La taille de Trico n’est pas qu’un atout, c’est aussi une faiblesse; nous avons déjà vu dans les trailers que, par exemple, les structures en bois ne tiennent pas sous son poids. C’est aussi ce qui rend sa relation avec notre personnage si organique.

Même si la situation de jeu n’était pas optimale, avec un photographe qui semblait penser que c’était le bon moment de faire un book de mon profil gauche, la puissance de son flash rigidement fixé sur 10000, j’ai tout de même réussi à m’attacher à cette gigantesque créature maladroite. J’ai ri quand elle a failli causer ma mort dans un tsunami apparu à son impact inattendu dans l’eau ou quand elle tournait en rond pour attraper un baril entre ses pattes et j’ai été touché quand elle a refusé de m’abandonner. Il est d’ores et déjà clair que The Last Guardian sera une grande réussite en terme de mise en scène et d’animation.

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Malheureusement, The Last Guardian n’est pas que joie et bonheur, il a fallu qu’un des grands maux du jeu vidéo vienne gâcher le tout: les contrôles sont épouvantables. Une grande partie des problèmes que j’ai rencontrés étaient dus à une camera qui n’arrivait pas à se placer correctement. Même si elle n’est pas fixe et que le joueur peut la déplacer, c’est quand elle doit reprendre le contrôle qu’elle peine à se mettre en place. Ainsi, j’ai trouvé que m’agripper à Trico était une vraie plaie et se déplacer normalement pouvait devenir désagréable. Les actions du personnage, eux, ne semblaient pas toujours s’enregistrer correctement, du coups certains de mes sauts ne se faisaient tout simplement pas. Grimper sur Trico n’était pas non plus l’action la plus facile à effectuer, je me suis retrouvé plusieurs fois coincé au niveau de ses genoux qui m’empêchaient de passer.

Les meilleures parties de The Last Guardian proposent du jamais vu dans le jeu vidéo et il aurait probablement été un titre exceptionnel s’il était sorti plus tôt. Maintenant, on sent sa vieillesse, surtout dans ses mécanismes qui ne semblent pas tellement avoir évolué depuis le dernier jeu du studio il y a plus de 10 ans. Le développeur présent pour l’événement m’a assuré que j’ai joué à une vieille build (on peut se demander quel est l’intérêt de montrer aux journalistes une vieille version à deux mois de sa sortie) et que la caméra et les mouvements ont été repensés. J’espère qu’elle était très vieille et que les problèmes principaux seront corrigés, car le jeu a clairement de très bonnes choses à proposer.