“Cela fait 25 ans qu’on parle de jeux vidéo chez Arte.” 25 ans que la chaîne de service public franco-allemande met le jeu vidéo à l’honneur dans ses programmes. C’est ce que Adrien m’explique dans un rendez-vous extrêmement intéressant et proposant, cette fois, trois titres jouables à la Gamescom.

L’idée derrière la présence d’Arte à la Gamescom consistait à porter leur ligne éditoriale au-delà de la télévision. Avec un premier projet salué par la critique, Type:Rider (2013, 2 millions de copies), “l’une des plus grandes audiences de la chaîne” commente Adrien, Arte s’était tenté par l’édition de jeux vidéo. En 2018, c’est avec trois projets, dont un en VR, qu’Arte se lance concrètement dans l’industrie vidéoludique. L’intérêt dans tout cela concerne surtout la position de la chaîne et sa volonté de diffuser et soutenir la culture européenne. On retrouve ainsi dans les jeux présentés cette patte culturelle et artistique de projets indépendants mais solides et façonnés par des studios qui n’en sont pas à leur premier coup d’essai, tout en s’éloignant du côté pédagogique. Arte ne cherche ainsi pas à faire des serious game. Bien au contraire, l’éditeur tente de mixer, à raison, qualité de gameplay et plus-value culturelle. Arte pourrait ainsi combler ce trou sur le marché avec des jeux de qualité proposant des expériences inspirées de la culture européenne.

A fisherman’s tale, Innerspace VR (Niels Weber, Semperludo.com)

Forcément, quand il y a de la VR, c’est moi qui m’y colle. Les autres ont l’estomac trop sensible, paraît-il. C’est vrai que c’est pas évident dans la halle 10 (l’une de celles qui sont publiques), avec le bruit et la chaleur. Donc, se glisser un casque VR sur le nez dans ces conditions équivaut souvent à plonger la tête dans un mini sauna suédois, mais en restant habillé. Bref, je m’égare. Je me suis pourtant ensuite retrouvé dans une cabane qui pourrait rappeler la Suède et ses bords de mer. J’incarne un pêcheur, je le sais, je me vois dans le miroir (et c’est dans le titre). Une voix off narrant l’histoire explique que je suis censé m’occuper du phare, mais que je ne peux pas sortir de la maison parce qu’une immense ancre bloque la porte. La fenêtre, seule autre ouverture vers l’extérieur, est condamnée par des planches. La voix off (ou la démonstratrice, je suis plus sûr, on confond un peu, il faisait chaud, disais-je) me propose de chercher un outil pour enlever les clous. Je trouve et commence mes travaux, à grand-peine, car comme dans bon nombre de jeux en VR, la préhension n’est pas hyper efficace et à chaque fois que ma main heurte un élément du décor, je perds mon outil et dois attendre que celui-ci réapparaisse. Un peu relou, mais la qualité visuelle des décors m’aide à ne pas perdre patience. Et j’ai bien fait. Une fois la fenêtre déverrouillée, je vois à l’extérieur une maison identique à la mienne, mais plus grande. Ma maison est dans une maison. En me retournant, je constate alors qu’il y a une maquette de cette même cabane sur la table. J’en arrache le toit et celui qui est au-dessus de moi disparaît également. Là, j’ai souri et je me suis pris au jeu. Dans la maquette, l’ancre est toute petite, je n’ai donc aucun problème à la déplacer. Les énigmes suivantes demandaient de jouer avec les perspectives de tailles, un peu comme Alice au Pays des merveilles et son biscuit. En ressortant du jeu, on m’explique encore que la suite devient de plus en plus tordue mentalement et si le temps ne m’avait pas été compté j’aurais très volontiers exploré plus en avant cet aspect. Bien joué, Arte.

Frankenstein: Birth of a Myth, La Belle

Développé par le studio indépendant, La Belle, Frankenstein: Birth of a Myth est un jeu qui permettra au joueur de créer son propre mythe de Frankenstein en y incarnant la célèbre créature. Prévu pour 2019 et encore en développement, une autre version jouable était présentée sur le salon allemand. Un prequel offrait la possibilité de découvrir la création du livre par Mary Shelley. Malheureusement, par manque de temps et un programme chargé, nous n’avons pas pu réellement nous plonger dedans. On attendra donc la version finale pour découvrir avec plaisir ce jeu doté d’une patte artistique indéniablement travaillée

Vandals, Cosmografik

Le développeur de Type:Rider est revenu avec Vandals, un jeu à la Hitman Go, sorti le 12 avril dernier sur Android, iOS, Mac et PC. Le but est simple, éviter la police, les caméras de sécurité et les chiens afin de taguer les murs de plusieurs villes connues pour leurs culture du tag (Paris, New York, Berlin, Tokyo et São Paulo). Pouvant découvrir pas moins de 40 artistes reconnus ayant eu une influence culturelle, le joueur peut s’en inspirer pour créer ses propres tags. Lors de la Gamescom, c’est la version Switch qui était présentée et, fait rare, l’écran tactile de la console de Nintendo était utilisé correctement dans un jeu vidéo. Grâce aux capteurs des Joycons, il était ainsi possible de dessiner, modifier, agrémenter ses tags de toutes les formes possibles, le tout grâce à un gameplay relativement simple mais efficace. On est encore loin d’un grand jeu d’infiltration mais certaines mécaniques demandent de la part du joueur de réfléchir quelque peu afin de terminer un niveau. Si la version Switch vous intéresse, elle sera disponible en 2019.


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