Dans le groupe Gamescom de cette année, la caution “MMO” reposait sur mes épaules. Seul irréductible à parcourir encore des serveurs où loot, stuff et micro-transactions ont la part belle, j’ai été naturellement choisi pour aller voir trois jeux en ligne de l’éditeur allemand Gamigo. Un bon moment que seule la Gamescom pouvait offrir. Dieu que ça m’avait manqué.

 

Wizard 101

Vous savez, la plupart du temps à Cologne, on découvre des titres. Il n’est alors pas très commun de répondre qu’on connait le jeu auquel on assiste. Mais lorsque la réponse est négative à cette question alors que le jeu est sorti depuis 14 ans, cela crée tout de suite un petit moment gênant. Heureusement pour moi, le présentateur et lead narrative designer de Wizard 101 n’a pas (trop) flanché en entendant ma réponse. J’ai donc eu droit à une demi-heure d’historique de ce MMO sorti en 2008 et qui continue paisiblement de faire sa vie sans qu’apparemment je ne sois au courant. Pour tout vous dire, je n’ai pas vraiment compris le principe du jeu, n’ayant eu que des aperçus des environnements et des trailers des mises-à-jours futures. Mais qu’à cela ne tienne, l’enthousiasme et la bonhommie de la présentation a immédiatement ont rendu ce jeu sympathique. Wizard 101 est un MMO très coloré, fantaisiste et visant un public relativement jeune mais qui a évidemment grandi depuis toutes ces années. Les développeurs ont d’ailleurs bien compris cela et en ont profité pour améliorer et changer leur jeu en proposant de nouvelles fonctionnalités adaptées à cette nouvelle tranche de joueurs. Une manière de grandir avec sa communauté. Cette dernière d’ailleurs est principalement nord-américaine mais Wizard 101 et Gamigo désormais cherchent à chatoyer les quelques Européens présents sur le jeu dont le contenu spécifique à la région ne permet pas encore de jouer aux dernières extensions. Une correction est d’ailleurs envisagée et Wizard 101 devrait être uniformisé partout d’ici une année. En attendant, il continue de développer son contenu et sa bonhommie de manière gratuite.

Fractured Online

Imaginez Diablo en MMO avec des composantes de… tous les jeux de simulation de la terre entière et vous obtenez Fractured Online. Développé par Dynamight Studios, ce MMO en early access se veut extrêmement complexe en proposant des systèmes se mêlant aux mécaniques dans tous les aspects du jeu. Vous voulez construire une maison ? Pas de problème, voici une hache, il y a des arbres là-bas et va falloir ensuite récolter les bûches, les transporter (c’est long), les amener à l’endroit désiré et commencer la construction. Envie de devenir marchand ? Pas de problème, mais l’économie est locale donc en allant dans une autre région, les prix et denrées auront changé. En parlant des régions, trois races sont à l’honneur, chacune évoluant dans un plan différent et disposant de particularités. L’une de ces races ne peut d’ailleurs pas attaquer un autre joueur qui ne le voudrait pas et son plan est pacifique. Cela oblige à contourner les règles pour tenter une approche PvP par exemple. Fractured Online ne se veut pas très accessible de prime abord mais plaira très certainement aux joueuses et joueurs qui désirent construire leur propre personnage de A à Z en modifiant les talents selon les situations. Différents biomes sont à l’honneur et il faudra parfois se protéger du froid ou du chaud avec un sort particulier, ce qui peut, en PvP, être un désavantage par moment. Bref, Fractured Online propose tout ce qu’un MMO classique contient et plus encore. Malheureusement, l’impression première reste mitigée puisque tout se repose sur la communauté afin de créer une expérience de jeu agréable. A voir donc.

Fantasy Town

Il en fallait un, c’est tombé sur lui, mais voici le rendez-vous “what the fuckest” de cette Gamescom 2022. Avec l’ami Niels, nous débarquons tout joyeusement pour voir Fantasy Town. Première épine rencontrée, il s’agit d’un jeu mobile. La présentatrice, très enjouée, pose donc un iPad sur les genoux tremblants de mon coéquipier de galère et l’invite à pianoter dessus frénétiquement tout en racontant le concept de Fantasy Town. En somme, il s’agit d’un FarmVille élaboré dans lequel il est conseillé de s’investir au moins cinq fois 20 minutes chaque jour afin de respecter la courbe de progression. On peut donc tout faire dans cette ville fantaisiste et même voir des pub de 30 secondes en attendant qu’une fonctionnalité se débloque. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à notre hôte du jour. Un grand moment de n’importe quoi tant elle était simplement soûlée de devoir attendre 30 secondes à la suite d’un “miss click” sur l’iPad. D’ailleurs, par la suite, elle a même réussi à nous dire qu’elle ne cliquerait pas sur ce bouton puisque pour nous montrer la suite de la fonctionnalité, il fallait encore voir une vidéo publicitaire. De quoi nous faire rire grassement et nous enlever tout doute sur ce jeu : nous n’y jouerons jamais, vous non plus et le monde s’en portera mieux.