Prendre un concept de jeu vidéo et le réduire à son plus simple appareil est un challenge intéressant et peut se révéler très bénéfique. La simplification permet de mieux se concentrer sur les forces du jeu et même de réduire les coûts liés à la production d’éléments de gameplay superflus. My Dog Zorro a tenté l’expérience en produisant Linelight, une distillation absolue du puzzle game qui l’amène presque à l’état de jeu 1D.

La simplicité de Linelight est extrême, le joueur contrôle un petit trait de couleur qui se déplace le long d’une très longue ligne qui s’entortille et se sépare en plusieurs branches pour constituer des puzzles. Différents objets, comme des interrupteurs ou des ennemis, sont placés le long du chemin pour ramener un peu de complexité dans ce jeu très pur. La force de ce concept est que chaque puzzle se présente sur un seul écran, ce qui permet de résoudre chaque énigme avec la pleine connaissance de tous ses éléments. On sait à chaque moment comment va réagir le monde à notre interaction et tout l’effort est concentré sur la résolution du problème plutôt qu’à la recherche de ses différentes parties.

La simplicité excessive de Linelight vient tout de même avec de gros inconvénients qui ternissent l’expérience. La seule vraie chose que le jeu a à offrir est le plaisir de résoudre ses énigmes; il n’y a donc pas d’autre raison de les solutionner que simplement vouloir atteindre la fin. Ceci est un gros problème puisque les énigmes ne sont pas particulièrement amusantes à résoudre. Quand la plupart des écrans ne présentent que quelques chemins possible, on ne prend rarement plus que quelques secondes pour comprendre ce qu’il faut effectuer afin de passer au prochain plan. Au final, on passe plus de temps à effectuer les déplacements pour arriver au bout des énigmes qu’à réfléchir à comment les résoudre. Cet équilibre inégal entre réflexion et exécution rend Linelight très rapidement lassant.

Linelight succombe à l’un des grands maux des puzzle games. Parfois, quand le problème est résolu, l’exécution de la solution est compliquée à effectuer. Alors qu’on passe déjà trop de temps à dérouler notre réponse à l’écran, le jeu empire la situation en requérant du joueur un timing précis et des réactions rapides. Le soucis est encore amplifié à cause des contrôles mal adaptés à la précision sollicitée. L’inertie de notre trait est très élevée et donne l’impression de jouer sur de la glace quand on essaie de se déplacer minutieusement.

À force de chasser la pureté et la simplicité, Linelight s’est brûlé les ailes et ne propose pas une expérience assez profonde pour être engageante. Malgré ses 6 mondes qui dévoilent tous une nouvelle mécanique, le jeu a du mal à rester frais sur sa durée qui est déjà bien courte.