Poncho_HeaderAprès l’immense succès qu’a été Fez, l’incroyable jeu de Phil Fish, il ne faut pas s’étonner de voir apparaitre des productions bénéficiant d’une patte artistique et d’un gameplay quelque peu similaire. Sachez donc que Poncho, jeu développé par Delve interactive et édité par Rising Star Games, est loin d’être un de ces jeux, même s’il a tous les critères pour.

Dans Poncho, vous contrôlez un petit robot, explorant un monde en ruine où l’humanité a laissé place aux machines. Notre petit héros devra partir retrouver son créateur, prisonnier tout en haut d’une mystérieuse tour rouge. Au programme, on retrouve donc de la ballade, des puzzles et de la plate-forme !

Poncho_3D’un coté nostalgique, et de l’autre novateur, la direction artistique de Poncho est sublime, grace un pixel-art soigné dont on peut féliciter la profondeur de champ basée sur une superposition de couches de dessins et un univers fourmillant de détails. De plus, les niveaux ont un décor propre à eux et nous font voyager tantôt dans une forêt, tantôt dans un village, tantôt dans un lac, ou dans bien d’autres lieux encore, donnant à chaque niveau une teinte unique.

Mais si les graphismes de Poncho nous donnent un bon aperçu de la qualité globale du jeu, c’est bien sa bande-originale qui nous laisse bouche-bée. Principalement composée de sons 8-bit très rétro et tous plus tordus et démontés les uns que les autres, ils savent nous apaiser, nous stresser et nous pousser à continuer notre aventure, en se collant bien aux différents niveaux et décors. C’est d’ailleurs cette même bande-sonore qui nous permettra de comprendre l’histoire de notre petit personnage, à travers de simples sentiments transmis. Simples, certes, mais efficaces.

Poncho_2Le gameplay de poncho est très intéressant : à première vue, le jeu se présente comme un plateformer 2D plutôt classique avec quelques énigmes et le tout sans combat, mais il est en réalité loin d’être aussi basique. Celui-ci ne se limite pas vraiment à la 2D. En effet, nous avons la possibilité de nous déplacer sur 3 profondeurs de champs différentes, ce qui fait qu’au lieu d’avoir un seul parcours, nous en avons 3 ! À partir de cela, les niveaux peuvent devenir beaucoup plus intéressants, rendant le passage entre ces 3 profondeurs un élément central du gameplay. Et par-dessus, on retrouve des plates-formes, qui elles aussi se déplacent sur la profondeur, donnant une dimension presque rythmique au jeu, et qui, en connaissance de cause, peuvent facilement corser un parcours qui paraît à première vue bien trop simple. Pour finir, on retrouve quelques originalités et changements de règles dans le gameplay de certains niveaux, comme celui du lac, où une fois rendu sous l’eau, l’effet de profondeur de champ disparaît, et revient en cas d’arrêt. C’est donc un gameplay très jouissif et parfois challengeant que nous offre ce pourtant si petit jeu.

Poncho_1Mais il est par contre dommage que l’histoire de Poncho soit si rapidement expédiée et mise au second plan. Celle-ci aurait tout simplement pu lui permettre d’être une réelle pépite de la sphère vidéoludique indépendante ! Elle n’est que très peu abordée, à part dans l’introduction du jeu et à travers la scène de fin qui reste tout de même très touchante. Et même si on retrouve quelques éléments scénaristiques dans le niveau du village, où les autres robots pourront nous dire quelques mots, le tout reste malheureusement bien trop pauvre.

C’est donc un presque sans-faute qu’aura su nous offrir Poncho, premier jeu du studio Delve interactive avec son gameplay novateur, ses graphismes aux petits oignons et sa bande-originale d’exception. Bien loin d’être une simple copie de Fez, il saura nous faire passer quelques heures, bien trop courtes au final, de pure extases dans son univers riche et enchanteur.