Construisez des circuits. Ecrivez du code. RTFM (lisez ce p*tain de manuel). C’est ce que promet Shenzhen I/O, le dernier arrivé de Zachtronics, et il faut avouer que ces objectifs sont indéniablement atteints.

Comme la plupart des jeux du studio, Shenzhen I/O est un puzzle game qui requiert l’apprentissage et, à terme, l’expertise d’un système et d’une logique propre au jeu. Alors que les premiers titres du studio cachaient le fait qu’ils étaient essentiellement des jeux d’ingénierie derrière une fiction, celui-ci, à l’instar de TIS-100, dévoile son jeu d’emblée en demandant au joueur de directement relier des microcontrolleurs et écrire du code.

Le grand soucis que partagent tous les jeux de Zachtronics est leur niveau de difficulté. Effectivement, au bout d’un certain nombre de niveaux, avoir une bonne compréhension du système ne suffit plus, il faut planifier son approche par rapport aux problèmes. C’est quand on commence à sortir du papier pour faire des calculs et des schémas qu’on est frappé par une rude réalisation: Shenzhen I/O tient plus d’un travail que d’un jeu vidéo. L’amusement s’est envolé. C’est en le lançant qu’on se rend compte qu’il ne sera pas différents des autres. Le joueur prend le rôle d’un expatrié ayant trouvé un nouvel emploi d’ingénieur en informatique à Shenzhen en Chine.

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Chaque puzzle dans Shenzhen I/O est une nouvelle tâche donnée par ses supérieurs ou ses collègues. Ces puzzles sont présentés sous la forme d’un produit que son entreprise doit fabriquer; ce contexte n’est pas indispensable, mais est très bienvenu, et il donne l’impression d’élaborer un produit complexe et fonctionnel en relativement peu de temps. Les fonctionnalités du produit sont connues selon les signaux d’entrée (boutons, temps, émetteurs radios, …), ils doivent émettre un certain signal de sortie. Ils faut donc comprendre ce fonctionnement et réduire le problème en tâches simples qui seront exécutées par nos microcontrôleurs. Bien que le but soit simplement de réussir à émettre le bon signal, on est poussé à optimiser sa construction car la qualité de son résultat est comparée à celle des autres joueurs. A la réussite d’un puzzle, le prix des pièces qu’on a utilisé et la consommation en énergie de la construction sont placés sur un graphe comparatif.

OUPS!
OUPS!

L’amusement qu’on peut tirer d’un tel jeu est essentiellement le même que celui qu’on ressent quand on programme. Il très gratifiant d’avoir résolu un problème compliqué en utilisant des outils simple. Et le moment où sa solution folle fonctionne, c’est l’extase. Par contre, Shenzhen I/O améliore le ratio travail/récompense que l’on pourrait avoir en programmation normale. Contrairement à un véritable projet, Il n’y a pas toutes les complications classiques auxquelles on pourrait avoir à faire et il n’y a pas besoin de comprendre d’autres technologie que celle utilisée. Pour renforcer le sentiment de réussite, l’exécution des programmes est très soignée. On voit les signaux se distribuer dans la carte en parallèle aux ligne de code qui s’exécutent une à une; l’occasion de se reposer sur son dossier et s’émerveiller de sa création.

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L’interface de programmation/construction est très intelligemment designée, il est facile de trouver où notre code plante ou pourquoi le résultat final n’est pas celui que l’on veut. Chaque produit qu’il faut créer possède aussi une représentation visuelle, qu’il s’agisse des lumières qui s’allument ou d’un vibreur qui s’active. On peut voir les effets de notre code sur l’objet réel ce qui a l’avantage de donner du sens au signal sortant.

Shenzhen I/O n’est définitivement pas un jeu pour tous, je ne suis même pas sûr que je le conseillerais à des personnes sans formation de base en informatique (Infinifactory et SpaceChem sont bien plus faciles à prendre en main), mais il est difficile de nier les qualités de ce jeu qui réussi tout de même à nous donner l’impression d’avoir créé un produit à mettre sur le marché en l’espace de quelques minutes. Une chose est sûre en tous cas, finir ce jeu justifie d’ajouter le métier d’assembleur sur son CV.

Shenzhen I/O est couramment en early access, c’est n’est donc pas un produit entièrement fini. Le contenu, par contre, est complet; Zachtronics se sert de l’early access pour débugger le jeu. Veuillez noter qu’en plus de 15 heures de jeu, je n’ai pas rencontré de bugs.