Skyhill 2015-09-16 11-32-14-35

Il est plutôt difficile de ne pas être attiré par ce que promet Skyhill quand on est un fan de rogue-like. En effet, celui-ci fait découvrir un tout nouveau paysage de possibilité au genre en lui ajoutant des touches de RPG ainsi que de Survival-game/Sandbox. Le tout, épaulé par une histoire intéressante et un système de combat original…

… Si seulement. Si seulement les développeurs de Mandragora Games avaient su respecter leurs promesses.

Skillhill_Art_2

La 3ème guerre mondiale est déclarée. Une bombe nucléaire vient d’exploser, quelques blocs à coté de l’hôtel dans lequel vous passez la nuit. Des monstres sont apparus et se baladent dans l’immeuble. Mais alors que vous pourriez rester dans votre chambre ultra-sécurisée, vous préférez partir, et l’idée de descendre une centaine d’étage ne vous paraît pas particulièrement contraignante. Voilà donc le pitch de départ de Skyhill.

Premières impressions quand vous commencez à jouer : l’ambiance du jeu est vraiment lourde, que ce soit par ses graphismes, plus que moyens, et sa bande-son très répétitive. Et c’est bien un des plus gros points noirs de Skyhill. Un jeu qui est créé dans le but d’être joué et rejoué jusqu’à épuisement a besoin d’une ambiance solide, qui ne vous mettra pas à l’épreuve dès ses premières heures de jeu. Pour le comparer à un autre jeu, on peut citer l’excellent The Binding Of Isaac, qui adopte une pâte artistique originale et qui se dote d’une OST très plaisante et dont on chantonnera encore les aires après-jeu. Mais laissons cela de coté et commençons à jouer, parce qu’après tout, si c’est fun, c’est que c’est bien.

Skyhill 2015-09-16 11-21-07-58

L’idée est plutôt simple : Vous êtes au centième étage d’un hôtel et il vous faudra descendre jusqu’au premier. Chaque étage est composé de 3 pièces où vous pourrez trouver de nombreux objets. Vous descendez quelques étages, récupérez quelques objets, et bim ! Vous voilà face à un gros monstre !

Le système de combat se veut plutôt original. On vous propose deux modes : Automatique et Manuel. Le premier vous laissera seulement cliquer sur votre adversaire pour l’attaquer, alors que le mode manuel vous permettra de choisir entre 2 ou 3 zones d’attaque. Ce qui différencie ces 3 zones, ce sont la chance de réussite et le nombre de dégâts. La zone où vous aurez le moins de chance de réussir sera celle où vous ferez le plus de dégâts. Mais ce système, aussi original soit-il pour le genre, reste plutôt ennuyeux, ce qui est vraiment dommage pour un rogue-like. De plus, pourquoi offrir la possibilité d’un mode automatique ? Déjà que le jeu est répétitif, alors pourquoi donner la possibilité aux joueurs de réduire les phases de combat à de simples clics sur les monstres?

Skyhill 2015-09-16 12-56-18-92

Mais malgré son côté répétitif et terme de gameplay, Skyhill a tout de même l’originalité d’avoir quelques éléments scénaristiques pour donner envie de continuer, avec la présence de notes, de messages vocaux (à la Bioshock), et de quelques éléments scriptés pouvant arriver dans certaines salles. Le seul problème, c’est que ces “messages” sont ennuyeux à mourrir, et qu’on retombe toujours sur les trois mêmes scripts. Alors, au lieu d’être un élément presque original et surtout intéressant, on retrouve quelque chose de mal exploité, et qui accentue encore plus le côté répétitif du jeu.

Et pour rajouter une couche à tout cela, la difficulté du jeu est vraiment compliquée. Celui-ci dispose de différents niveaux de difficulté, facile, normal, difficile et extrême, qu’il faudrait renommé par difficile, extrême, satanique et Chuck-Norris-Only tellement le jeu est dur ! Et s’il est si dur, c’est probablement dû au fait que la réussite de notre partie se résume à la chance qu’on aura lors de la récolte des objets. En effet, on peut tout aussi bien tomber sur 2 trousses de soins en 10 étages, tout comme aucune en 30 (histoire vraie), et on peut trouver une arme à l’étage 95, qui décuplera notre force et nous rendra invincible durant les 40 prochains étages, tout comme aucune arme, ce qui ne nous permettra pas d’aller beaucoup plus loin que l’étage 90 (malheureusement, encore une histoire vraie). Alors que dans un bon rogue-like, comme The Binding Of Isaac (vous aurez vite compris que j’éprouve de grands sentiments d’amour face à ce jeu), même si vous tombez sur de mauvais objets, vous pourrez gagner votre partie. Il vous suffira juste de savoir bien jouer. Mais là, tout se focalise sur la chance que vous aurez, quels objets vous récolterez, etc, …

Finalement, c’est vraiment dommage pour Skyhill. Les développeurs avaient de bonnes idées, mais ceux-ci n’ont tout bonnement pas su être à la hauteur de leurs intentions. Skyhill est simplement un rogue-like très moyen qui n’arrivera pas à garder votre attention. On espère vraiment que les développeurs de Mandragora sauront apprendre de leurs erreurs pour fournir d’autres jeux car ceux-ci ont tout de même beaucoup de potentiel. L’apprentissage est rude mais vital en tant qu’indépendant.

Skyhill – Mandragora. PC, Mac, Linux