Adulée, enviée, surprenante, charmante, drôle, belle et bien écrite, la saga Uncharted a su conquérir l’industrie du jeu vidéo avec aisance et panache, renvoyant sans cesse d’autres licences à leurs études. D’abord exclusivement sur PS3, la licence de Naughty Dog s’offre finalement un quatrième et dernier épisode sur PS4, de quoi proposer un jeu grandiose, sublimé par une technique et une narration sans faille. Un jeu qu’il est bon d’insérer dans sa console.

C’est avec un plaisir sans commune mesure qu’on retrouve l’aventurier Nathan Drake embarqué dans un périple qui pourrait le mener à sa perte. Pourtant retraité de ce genre d’aventure, Drake se voit emmené par son frère dans un dernier voyage à la recherche de l’ultime trésor caché par les plus grands pirates. Sans vouloir entrer dans les détails du scénario afin de ne pas trop en dire, ce Uncharted 4 a su allier rythme, scènes d’actions, exploration et énigmes avec brio. On ne s’ennuie jamais et l’intrigue reste brillamment distillée au fil de l’aventure.

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Uncharted 4, c’est aussi une véritable claque graphique et un profond malaise quant au reste de l’industrie qui n’arrivera sans doute jamais à la cheville de ce dernier opus. Les panoramas sont tellement extraordinaires, sublimes et exceptionnellement détaillés qu’ils se savourent avec délicatesse. On se prête bien souvent au jeu en s’arrêtant afin d’admirer ces passages et cette science du détail. Chaque paysage, chaque tour à escalader, chaque maisonnette délabrée offre au regard des moments d’extase tandis que Nathan Drake évolue dans ces décors sans s’arrêter, sans se poser. On pourrait traverser toutes ces images sans regarder quoique ce soit, mais ce serait perdre l’essence intrinsèque d’Uncharted 4. Naughty Dog pousse encore une fois la console de Sony très loin, trop loin peut-être pour la concurrence. L’ ajout d’un mode photo permettra aux artistes de se faire un magnifique album de vacances, tant les zones sont variées et colorées.

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Un véritable régal soutenu par une technique qui ne souffre jamais. Le moteur graphique ne semble jamais dépassé, les effets de lumière sont à tomber et les passages intérieur/extérieur sont tout bonnement stupéfiants, tout comme le jeu des acteurs, encore une fois excellent. Déjà dans The Last of Us, les animations entre les personnages avaient connu une avancée marquante, et c’est encore le cas pour ce 4ème Uncharted. Voir Nathan Drake et son frère Sam ou Elena vagabonder dans la nature, sauter de rocher en rocher, se défendre, combattre de mille manières différentes mais surtout se regarder profondément, comme si ces personnages prenaient véritablement vie devant nos yeux ébahis a de quoi faire décrocher plus qu’une mâchoire. Il ne s’agit pas d’un jeu ni même d’un film, mais d’un doux mélange entre les deux.

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Là où possiblement Uncharted 4: A Thief’s End souffre de quelques problèmes (et encore), c’est un poil dans son rythme avec quelques séquences parfois un peu longuettes et des passages d’acrobaties qui n’ont pas véritablement d’autre but que de simplement rallonger le temps passé dans un lieu. L’autre problème réside dans sa constante démesure. On a comme l’impression que les développeurs ont voulu faire vivre la fameuse séquence des girafes de The Last of Us tout le temps, même dans les moments épiques. Tout est fait pour que le joueur s’extasie de chaque instant. Le jeu se veut trop poète par moment, gâchant par-là même une certaine rythmique nécessaire à la construction de son scénario. Tout est trop extraordinaire, le rendant finalement presque banal. Mais ceci est un faux argument. Uncharted 4 est certes démesuré mais il manie son scénario et ses séquences avec brio.

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L’autre aspect qui pourrait être pénible concerne les fameuses gunfight. C’était sans doute le point le plus faible des trois premiers opus. Bien que dans ce 4ème, les choses se soient grandement améliorées, il reste encore des moments où l’on voudrait raccourcir ces séquences armées. Les développeurs ont introduit des mécaniques d’infiltration et de couverture plus instinctives mais le problème reste le même. Il est possible de se cacher dans des hautes herbes et de tenter des approches furtives mais on se prive alors d’une séquence d’action où Drake court partout, saute dans le vide, se raccroche grâce à son grappin et tombe sur un ennemi tout en lui volant son arme. Les phases de tirs sont ainsi mouvementées et rythmées mais confuses et bien souvent trop longues, sachant que dès que Drake est repéré, des ennemis cachés jusque-là débarquent en renfort. On est donc plus enclin à tenter l’approche furtive mais du coup plus lente. L’IA des ennemis souffrent malheureusement du syndrome Assassin’s Creed avec le fameux “Hey, je crois que j’ai vu quelque chose…. Non, c’était mon imagination“, alors que Drake se faufile entre les jambes de ses ennemis. De quoi se demander si l’IA n’aurait pas été sacrifiée sur l’autel du graphisme.

On traverse cet Uncharted 4 avec plaisir, retrouvant ces personnages délicieux, cet humour ô combien léger et ces séquences cultes. De l’action et du suspense, il y en a à revendre, tout autant que des paysages extraordinaires et des graphismes sublimes. On ressort de ce Uncharted avec la conviction que Naughty Dog maîtrise tellement mieux son sujet que la plupart des autres studios. Il y a derrière Uncharted 4 un véritable propos, un travail minutieusement détaillé. Mais on est un cran en-dessous de Uncharted 2 ou de The Last of Us en terme d’écriture et de tension. Ce d’autant qu’avec certaines séquences quelque peu inutiles et des phases de combat parfois pénibles, Uncharted 4 souffre par moment d’être un simple TPS. Certes un TPS extraordinairement beau (sans doute le jeu le plus beau) mais dont l’ensemble est terni par certaines mécaniques vieillottes. N’empêche, terminons sur une bonne note, Uncharted 4: A Thief’s End mérite d’être parcouru parce qu’il enterre définitivement tout le monde.