Sorti le 4 décembre 2015, Xenoblade Chronicles X est un jeu vidéo exclusif à la Wii U, développé par Monolith Soft et édité par Nintendo. Le titre n’est pas directement la suite de Xenoblade Chronicles sorti sur Wii et New 3DS mais reste dans le même univers que les fans ont surnommé ‘Xenoverse’. Le volet précédent ayant été acclamé unanimement par la presse, les développeurs avaient toute la pression du monde sur leurs épaules et pourtant ils ont voulu viser encore plus grand.

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Est-ce vraiment un jeu Wii U devant mes yeux !?

On peut le dire sans conteste que Xenoblade Chronicles X est de loin le plus beau jeu de la Wii U. A l’instar d’autres jeux en open world comme The Witcher 3 ou MGS V, ce titre est tout autant contemplatif. Dès les premières minutes de jeu, lorsqu’on arrive sur la planète Mira pour tenter de survivre après la destruction de la Terre, on ne peut s’empêcher d’admirer la beauté du paysage malgré la situation de crise due au scénario. Technologiquement parlant, nous savons très bien que les capacités de la console sont équivalentes à celles de la vieille génération et donc par conséquent loin derrière celles d’une PS4 ou ONE. Cela étant dit, le jeu s’en sort de façon très honorable avec une très belle direction artistique dans un univers qui se veut toujours autant futuriste mais bien plus réaliste et mature que le précédent opus. Certes le jeu ne tourne “que” en 720p 30fps mais au final ce choix est parfaitement justifié tant la distance d’affichage des éléments est grande, ce qui permet de garder un framerate constant pendant toute l’aventure.

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Le jeu est reparti sur 5 continents et pour vous donner un aperçu de l’immensité de la planète Mira, la taille totale de la carte du jeu serait plus grande que celles de Skyrim, Witcher 3 et Fallout 4 combinées. Heureusement, les “déplacements rapides” sont présents pour nous permettre de nous rendre plus rapidement à nos destinations. Comme si un monde terrestre ne suffisait pas, quelques endroits perchés sont uniquement accessibles via une session de vol que vous pourrez débloquer plus tard dans le jeu via vos super Skells (le nom des Mécha dans le jeu). Mais le plus impressionnant ici c’est que ce monde si vaste est très vivant grâce notamment à une faune très dangereuse à chaque recoin. Lorsque vous commencez le jeu au niveau 1, que vous sortez pour la première fois de la ville principale et vous croisez des ennemis allant jusqu’au niveau 90+ et qui font environ 100 fois la taille de votre personnage, vous ne vous sentez vraiment pas en sécurité avec des ennemis pouvant vous détecter soit par le bruit soit par la vue ou les deux simultanément.

La colonisation de cette planète se passe par l’implémentation de sondes qui vous permettront non seulement de découvrir un bout de la carte mais également de pouvoir récolter des ressources. L’ensemble de ce système porte le nom de FrontierNav: là où ça devient intéressant, c’est qu’en fonction du type de sonde implantée (Stockage, Minerais, Argent ou Aide au combat) vous pouvez faire des combos avec celles qui sont adjacentes et du même type. L’écran du GamePad est judicieusement utilisé pour afficher toutes les informations relatives à la carte, aux sondes et aux déplacements rapides.

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A noter également que Nintendo propose 4 packs “DLC” gratuits sur son eShop pour installer localement sur le disque dur une partie du jeu. Ce processus permet de gagner de précieuses secondes de chargement (qui n’était déjà pas très long comparé aux triple A actuels sur next gen).

Oh mon dieu !! L’humanité est au bord de l’extinction…

Comme dans tout bon jeu de rôle, l’histoire a une place prépondérante. Même si personnellement je la trouve moins intéressante que celle de son prédécesseur, elle reste solide et quelques surprises inattendues arrivent tout au long de l’aventure malgré des personnages pas toujours charismatiques. Le jeu est décomposé en 12 chapitres principaux mais avec une pléthore de quêtes annexes vous permettant de faire progresser votre personnage entre les chapitres. Les quêtes sont différenciées en plusieurs catégories : Basic, Normal, Affinité, Scénario. Les missions basiques ne vous apportent absolument rien au niveau de l’histoire, il n’y d’ailleurs aucun dialogue puisque vous les prenez simplement sur un tableau d’affichage. Elles sont là uniquement pour vous faire gagner de l’expérience et des ressources.

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Les missions normales proviennent des PNJ avec un scénario assez minimal à propos de leurs besoins/problèmes, il s’agira simplement de dialogues en ligne de texte. Vous serez très souvent confrontés à des choix moraux sur votre vision de l’amitié, la religion ou encore la politique. Si ces choix sont approuvés par les autres membres de votre équipe, vous gagnez alors des points de sociabilité avec eux. Ces derniers n’ont, la plupart du temps, que des conséquences très minimes pour votre progression. Les missions d’affinité sont les quêtes les plus ennuyantes actuellement dans le jeu. Les premières étaient simples et vous permettaient de débloquer de nouveaux compagnons de guerre. Mais vers le milieu du jeu, celles-ci auront comme pré-requis d’avoir au minimum une certaine quantité de points de sociabilité avec tel ou tel personne sans quoi il vous sera impossible de lancer la mission. Les récompenses sont souvent très bonnes, comme l’acquisition d’une nouvelle technique de combat ou encore les plans de construction d’un Skell plus puissant. Sachant que votre groupe ne comporte que 4 places, dont votre avatar ainsi que 2 personnages principaux récurrents qui doivent quasiment toujours être présents, il ne vous reste souvent qu’une seule place vacante parmi les 10 autres coéquipiers jouables. Vous l’aurez compris, il est très fastidieux d’augmenter votre niveau social envers vos camarades avant d’avoir terminé la quête principale du jeu.

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Dernier point qui me chagrine beaucoup: notre personnage n’est pas le héros du jeu comme l’était Shulk dans l’épisode précédent. Ici, on intègre rapidement une équipe d’élite et on gravit les échelons petit à petit dans une hiérarchie déjà bien en place. Elma, qui est un des personnages principaux du jeu, est le leader incontesté du groupe avec sa copine Lin, une teenager de 13 ans qui maîtrise l’ingénierie robotique. Malgré son caractère plutôt froid et militaire, elle incarne plus l’héroïne du jeu plutôt que notre propre avatar. Le fait que notre personnage créé de toute pièce soit muet tout le long de l’aventure y est aussi certainement pour quelque chose. Le reste des personnages jouables est vraiment anecdotique au niveau du scénario mais apporte de nombreuses possibilités à la fin du jeu quant à la composition d’un groupe optimal en fonction des classes.

Pacific Rim le retour !

C’est ici qu’il est difficile d’être partial. Au début de l’aventure, on se sent plus ou moins guidé les premières heures de jeu. Ensuite on est livré à soi-même avec des milliards d’informations dont on ne sait pas quoi en faire et des menus à rallonges qui finissent pas nous submerger. Entre les stats dont on ne sait pas à quoi elles servent comme le potentiel, les cris de guerre pour savoir quand ou comment on les déclenche et quels sont leurs effets, les résistances/bonus en fonction des éléments ou de la météo ou du type d’ennemi, la différence entre les types d’armure légère/moyenne/lourde, les abréviations de certains bonus sur les armes dont on a aucune idée de leurs effets, les sertissages pour implanter des sortes de gemmes sur l’équipement, etc, etc. La liste est encore de loin incomplète mais pour ce type de jeu c’est un standard, ils sont souvent très systémiques. Heureusement, pour combler l’interface limitée des consoles, un manuel de plus de 100 pages est livré avec le jeu et dont on peut le consulter ingame. D’un autre côté c’est aussi ce qui peut rebuter beaucoup de joueurs néophytes, d’avoir justement un univers trop complexe avec peu de tutoriaux. Le juste milieu est difficile à trouver mais dès lors qu’on parle de JRPG on sait que le jeu s’adresse à une certaine catégorie de joueurs relativement assidus.

Le système de combat est très similaire à Xenoblade Chronicles. En fonction de la classe sélectionnée, on peut choisir les 8 sorts (qu’on peut améliorer) à utiliser ainsi que jusqu’à 4 passifs. Pour faire simple on peut dire que c’est en quelque sorte un MMO solo comme Final Fantasy XII. On choisit nos équipiers en fonction de leurs rôles, on utilise tous les sorts disponibles puis on attend que les cooldown reviennent avec de temps en temps des QTE (Quick Time Event) où il faut appuyer sur le boutton B au bon moment pour déclencher le bonus (cette mécanique est appelée “Cris de guerre”). Les 20 premiers niveaux, nous étions habitués à tout faire à pied et à positionner correctement nos personnages en combat pour bénéficier des bonus de dégâts. Avec une optimisation correcte nous arrivions à tuer des ennemis avec 2 voire 3 niveaux de plus que l’équipe. Le déblocage des Skells est à mon sens le passage le plus important mais qui malheureusement arrive tardivement, seulement au bout de 25-30 heures de jeu. Avec l’arrivée des Skells, le jeu devient une boucherie, tellement il est plus facile de progresser tout en tuant allègrement des ennemis avec 10 niveaux de plus. Dès qu’on arrive à avoir suffisamment de ressources pour équiper les 4 personnages de son escouade en Skells, ça en devient presque une ballade de santé. Il n’y a que les Tyrants (ennemis d’élite avec plus de vie et de dégâts) qui opposent une certaine résistance ainsi que les quelques combats de scénario où les robots sont interdits. Les possibilités de customisation des Skells sont tout aussi vastes voire supérieures à celles des personnages et on peut presque les faire ressembler à Samus Aran !

Je fais volontairement l’impasse sur les système de ressources, de niveaux de BLADE (l’organisation “militaire” qu’on rejoint peu après le début du jeu) qui sont assez simples à comprendre. Un petit mot quant à la partie online du jeu qui est anecdotique. Le jeu propose 3 types de groupe quand on lance une partie : ceux qui veulent jouer solo, ceux qui veulent faire des missions en ligne et ceux qui veulent jouer avec leurs amis. Les missions proposées varient en fonction de l’heure et les objectifs sont principalement l’extermination d’ennemis. Pour l’instant, je n’ai pas trouvé d’utilité à faire ces missions et je ne suis vraiment pas certain que les récompensent en vaillent la peine, même au niveau maximal. La fonction de report vous permet d’écrire un petit texte pour l’envoyer aux personnes dans le même groupe que vous: elle peut parfois vous servir à demander conseil mais de mon expérience, la plus part du temps c’est du flood inutile qui devrait être désactivé par défaut, tout comme les haut-faits débloqués par les autres joueurs. Heureusement toutes les options sociales sont personnalisables dans les options du jeu.

Un dernier mot sur les quêtes avec des objectifs de récolte. Il n’y a jamais d’indicateur pour nous dire où aller, on nous indique simplement le continent sur lequel se trouve le matériau. En somme, des petits cristaux sont éparpillées tous les 5 mètres sur quasiment toute la carte du jeu, le contenu de ceux-ci est plus ou moins aléatoire. On passe donc un nombre incalculable d’heures en début de jeu à les ramasser en boucle pour trouver les objectifs de quête. J’ai par la suite perdu espoir en l’humanité à cause de ces quêtes. Heureusement grâce à mon ami internet, j’ai pu retrouver la foi.

S’appuyant sur les éléments fondamentaux de son prédécesseur, Xenoblade Chronicles X se renforce avec des précieux Skells, qui transcendent l’expérience tant lors des batailles que de l’exploration, au point de ne bientôt faire plus qu’un avec la machine. Il me reste encore des tonnes de choses à faire dans le jeu et pourtant j’en suis à plus de 100 heures sans avoir atteint le niveau maximal ni terminé la quête principale. Malgré tout ce temps de jeu, la lassitude ne m’a toujours pas envahie, bien au contraire, j’ai envie de m’investir d’avantage pour connaître la conclusion de l’histoire, obtenir les Skells les plus puissants et tuer tous les boss du contenu end game après le mode histoire. Malgré le fait que le public cible du jeu soit assez spécifique, je regrette que Nintendo n’ait pas communiqué et mis en avant davantage ce jeu qui est clairement un (si ce n’est LE) des blockbusters de la console. Autre gros défaut personnel, malgré un doublage anglais de bonne facture, les voix japonaises n’ont pas franchi le cap alors qu’elles étaient disponible sur l’opus précédent. Les petits défauts cités sont relativement minimes en comparaison de l’immense richesse qu’offre le jeu. Je ne peux que vivement le conseiller à tous les possesseurs d’une Wii U.